C'est une union d'États européens qui s'est progressivement construite à partir de 1951. Au départ centrée sur une mutualisation de la production d'acier entre la France, le Bénélux, (= Belgique + Nederland -c'est à dire Pays-Bas- + Luxembourg) , l'Allemagne et l'Italie, elle devient une communauté économique en 1957 ( traité de Rome) puis s'élargit progressivement jusqu'à compter 28 états avec l'adhésion de la Croatie, en 2013. En 2016, le Royaume Uni, pays membre depuis 1973, a choisi de se retirer de l'Union.
En 1992, la Communauté économique européenne (CEE), dite "Marché commun", se transforme en une Union européenne (traité de Maastricht).
La carte qui suit vous montre les différentes étapes de l'élargissement du territoire européen, avec les dates d'adhésion. À noter que la Norvège avait répondu "non" au référendum qui aurait finalisé son adhésion en 1995 et que l'Islande et la Suisse, après avoir consulté leurs citoyens par référendum, ont retiré leur candidature.
La carte suivante vous montre les prochains contours de l'Europe à 27, d'abord, puis peut-être plus, si on considère les candidatures en cours dont certaines aboutiront peut-être.
Précision: ARYM désigne la Macédoine.
Depuis 1993, l'UE a réussi à constituer un "marché unique" qui permet la libre circulation des marchandises, des capitaux et des services: Les taxes douanières entre pays membres ont progressivement été supprimées.
L'UE a concrétisé en 1995, l'espace Schengen (du nom de la localité luxembourgeoise où la convention avait été signée en 1990) qui permet aussi la libre circulation des personnes. Le Royaume Uni et l'Irlande avaient décidé de ne pas s'y associer et de garder des contrôles à leurs frontières. Des pays extérieurs à l'Union ont, au contraire, souhaité adhérer à cet espace de libre circulation des personnes. C'est le cas de la Suisse, de la Norvège et de l'Islande. Les territoires ultramarins de l'UE, de même que les enclaves espagnoles au Maroc (Ceuta et Melilla) font partie de l'espace Schengen.
Pour la plupart des Européens, cette libre circulation est l'un des symboles les plus forts de la construction européenne. Des programmes européens comme Erasmus en constituaient pour les étudiants la principale application. D'ailleurs, même le Royaume Uni et l'Irlande en faisaient partie et leurs citoyens pouvaient obtenir un passeport "européen".
Il paraît qu'actuellement les Britanniques expatriés installés dans l'UE font des quantités de demandes pour obtenir un passeport exclusivement britannique
Les états restent cependant libres de rétablir des contrôles à leur frontière s'ils jugent leur sécurité nationale menacée. C'est ce qu'ont fait les pays suivants en 2016:
En dehors de ces circonstances exceptionnelles, les frontières de l'UE sont renforcées: on a souvent établi des barrières pour gêner les flux d'immigration clandestine. Ce sont surtout les frontières de l'espace Schengen qui font l'objet d'une surveillance renforcée, organisée par l'agence FRONTEX (agence européenne de surveillance des frontières extérieures.
Enfin, depuis 2002, 19 des 28 pays ont progressivement adopté l'euro. Le Royaume Uni, le Danemark et la Norvège l'ont refusé, les nouveaux états l'adopteront après une mise à niveau de leur économie. Les régions ultramarines de l'UE* ainsi que les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla utilisent également l'euro, de sorte que son usage n'est pas cantonné au seul espace du continent européen.
* Ces territoires sont des régions: Les Açores et Madère (Portugal), les Canaries (Espagne), La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, la Réunion (France).
Saint Pierre et Miquelon, une communauté d'outre mer française dans l'Atlantique nord , utilise également l'euro depuis 1999.
Saint Martin, précédemment partie de la région Guadeloupe, est devenue une Collectivité ultramarine en 2007. Cette île utilise aussi
l'euro.
C'est la BCE (banque centrale européenne), qui siège à Francfort, en Allemagne, qui décide de la politique monétaire de la zone euro.
Certains micro-états européens hors UE l'utilisent et peuvent en émettre en quantité limitée (Andorre, Monaco, le Liechtenstein, la république de Saint Marin (en Italie), le Vatican (État du pape). Deux autres, le Kosovo et le Monténégro peuvent l'utiliser, mais pas l'émettre.
Lorsqu'en 1951est créée la CECA (communauté européenne du charbon et de l'acier), son objectif est de concourir à établir une paix durable en réunissant les anciens ennemis (Allemagne et Italie) à quatre pays qui avaient souffert de leur occupation pendant la deuxième guerre mondiale. Celle-ci constitue un souvenir encore très frais, puisque seulement 6 ans se sont écoulés depuis la capitulation de l'Allemagne.
Il s'agit, selon son promoteur, Robert Schumann, de mettre en commun ce qui, pour chaque pays, permettait de fabriquer des armes et de mettre en place les bases d'une fédération.
Entre 1958 et 1959, la CEE renforce un processus d'intégration en créant des institutions qui sont un compromis entre les deux tendances qui s'opposent déjà: Les Fédéralistes et les unionistes. Les premiers veulent qu'à terme, l'Europe se transforme en une Fédération dotée d'un gouvernement central (même principe qu'aux États-Unis) tandis que les Unionistes veulent une confédération d'États souverains.
La CEE met en outre en place des politiques communes qui disposent d'un budget alloué par l'Europe. La première est la PAC (politique agricole commune).
Ces institutions se sont modifiées: Elles ont évolué vers plus de démocratie. Par exemple, le rôle du Parlement, élu au suffrage universel à partir de 1979, s'est renforcé. Chaque État fait élire un nombre de représentants proportionnel à sa population. C'est aujourd'hui l'Allemagne qui compte le plus de députés.À partir de 1992, les règles de fonctionnement, complexes, se sont adaptées au nombre croissant d'États membres.
Un projet de Constitution européenne, soumis à référendum en 2005 dans plusieurs pays de l'Union, a été rejeté, notamment par la France et les Pays-Bas. Plusieurs de ses articles ont été mis en application après l'adoption du traité de Lisbonne en 2007, sous la présidence française de l'Union. C'est donc Nicolas Sarkozy et ses services qui ont été à l'origine du projet et Nicolas Sarkozy l'a fait ratifier pour la France par l'ensemble du Parlement (assemblée + Sénat) réuni à Versailles.
Actuellement, voici comment fonctionne l'Union européenne:
La population indiquée est celle de 2016. Avec le Brexit, il faudra retrancher 65 millions d'habitants.
Les décisions prises par la Commission sont des directives qui doivent ensuite être transcrites dans le corpus de lois des différents États membres. Elles sont généralement inspirées par une conception libérale de l'économie et de la société, ce qui entraine des contestations sociales dans différents pays, d'autant plus que l'action des lobbies*, tout comme aux États-Unis, est considérée comme légale et peut influencer les décisions.
* Groupes de pression au service d'intérêts privés, comme ceux des industries chimiques.
L'Europe s'affirme comme une "Europe des Régions": les aides qu'elle distribue ne sont pas allouées aux États, mais aux régions, dans le cadre d'une politique de cohésion
Les fonds structurels permettent de réduire les écarts de développement entre les régions européennes.
La cible du FSE (Fonds social européen) et l'emploi. Le FEDER (Fonds européen de développement régional, créé en 1975 par la CEE) vise à redistribuer une partie des contributions des États aux régions les plus pauvres, ce qui permet la création ou l'amélioration d'infrastructures (routes, ponts...) qui permettent le désenclavement de régions périphériques et l'amélioration des communications ente les régions européennes.
Cette règle explique le mécontentement de Margaret Thatcher qui considérait que son pays ne bénéficiait pas assez de la CEE et avait exercé un chantage pour que le Royaume Uni récupère toujours une substantielle fraction de l'argent qu'il versait à l'Europe au titre de ses cotisations: "I want my money back!". Pourtant cet argent a aussi permis de mener des politiques de développement dans des régions en difficulté, des anciens foyers industriels britanniques...sinistrés entre autres par la politique ultra libérale de Margaret Thatcher (elle sacrifiait tout ce qui n'était pas rentable).
Voici la carte des inégalités de richesse entre les régions de l'Union. On peut remarquer que la plupart des régions d'Europe de l'Est, mais aussi la Grèce et le sud de l'Italie sans oublier les régions ultramarines ont un PIB par habitant inférieur à la moyenne de l'UE (25 100€)
Grâce à cette solidarité, à cette logique de redistribution, le niveau de vie de plusieurs pays a beaucoup progressé. Par exemple, l'Irlande qui avait le niveau de vie le plus bas de la CEE lors de son adhésion en 1973 est désormais un pays prospère.
C'est en Allemagne que le PIB par habitant est globalement le plus élevé, ce qui ne veut pas dire que tous les Allemands ont un bon niveau de vie, mais que les entreprises allemandes produisent de la richesse.
Ils méritent qu'on fasse un zoom sur eux.
Tous ne font pas partie de l'espace communautaire: Il y a peu on distinguait pour la France les DROM- COM (départements et régions d'outre mer et collectivités d'outre mer). Maintenant on parle pour l'Europe des RUP (régions ultra périphériques de l'UE) et des PTOM (Pays et territoires d'outre-mer ne faisant pas partie de l'UE, mais sous la dépendance d'un pays de l'UE (par exemple, pour la France, la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie Française. Leur statut dépend, au cas par cas, d'articles spécifiques dans le Traité de l'Union européenne -dit, accrochez-vous! "TUE"- et de leur plus ou moins grande indépendance par rapport au pays auquel ils sont reliés).
Parmi les PTOM un bon nombre sont sous la dépendance du Royaume -Uni. Pour mémoire (mais inutile de les mémoriser tous) Pitcairn (proche de la Polynésie française), plusieurs îles des Antilles, dont les Îles Caïmans), les Bermudes (au large de la côte nord américaine), les Falklands, au large du sud de l'Argentine (les Britanniques y avaient envoyé des troupes pour les conserver), des îles dans l'Atlantique, entre l'Amérique du sud et l'Afrique (parmi elles, l'immanquable Sainte-Hélène!) et de tout petits "territoires de l'Océan Indien. Avec le Brexit, il n'est pas impossible que ces territoires aussi se détachent de l'UE. Dans les Antilles, 4 îles se rattachent aux Pays Bas, + une moitié de Saint Martin. Enfin, le Groenland dépend du Danemark.
Ces territoires ultramarins offrent à l'UE une immense ZEE (zone économique exclusive = territoires maritimes s'étendant jusqu'à 370 km à partir des côtes, dont l'exploitation et l'exploration sont réservées à l'État bordier souverain).
Sauf dans le cas des "Paradis fiscaux" (Îles Caïmans), l'économie de ces RUP et PTOM est fragile. L'économie de plantation de la plupart des îles du domaine tropical (canne à sucre, bananes, ananas...) est en crise. L'exploitation des matières premières résiste mieux mais peut poser des problèmes écologiques (l'or en Guyane). En Polynésie, on produit des perles et la pêche reste la principale ressource du Groenland.
Le potentiel touristique de certains d'entre eux est important (par exemple, les Canaries, Saint Martin, Saint Barthélémy et la Polynésie française attirent des touristes venus du monde entier). Aussi des projets de protection des patrimoines naturels et culturels se développent pour garder intacte cette attractivité et/ou préserver un milieu fragile.
Quoique considérés comme des territoires éligibles aux aides de l'UE, -donc au faible niveau de vie-, ces territoires sont des îlots de richesse dans leur environnement et ils ne s'y intègrent pas. Objets de convoitise, ils font face à un afflux de population venant des pays voisins (des Comoriens à Mayotte, par exemple) qui espèrent s'y faire soigner, y trouver un travail mieux rémunéré que chez eux... Par contre, les habitants de ces territoires, à la recherche d'un meilleur niveau de vie, d'un emploi (car le taux de chômage est important), migrent souvent vers l'UE.
Mais ils doivent tout importer ou presque de ce qu'ils consomment, y compris les produits manufacturés et énergétiques (essence) de même qu'une partie de leur alimentation: le coût de la vie y est élevé. Ils dépendent des transferts d'argent de l'État ou de l'UE sous forme d'aides, de prestations sociales ou de salaires de fonctionnaires (d'ailleurs plus élevés qu'en métropole).
L'Union européenne est un ensemble d'États qui ont souhaité se regrouper, à partir de 1957. Ils sont passés de 6 à l'origine à 28 en 2016...Mais le 16 mars 2019 à minuit (heure de Francfort) ou 11h (heure de Londres), ils ne seront plus que 27 avec la sortie du Royaume -Uni de l'Union. Leur objectif était de créer un espace de paix et de prospérité tout en mettant en avant les valeurs de démocratie et de respect des droits humains. (En effet, des États qui ne respectent pas ces deux points doivent piétiner à l'entrée de l'Union tant qu'ils n'ont pas établi de nouvelles règles).
À l'intérieur de l'UE, la plupart des frontières se sont effacées pour la circulation des personnes et il n'y en a plus pour la circulation des biens et des capitaux. Ce dernier point est favorisé par l'adoption de l'euro dans 19 pays membres.
L'UE s'efforce de réduire les inégalités régionales, ce qui fait que même dans un pays riche, certaines régions en difficulté peuvent obtenir son soutien financier. Cette politique de solidarité est destinée à harmoniser le niveau de vie des Européens. Pour des raisons historiques, l'Europe de l'Est et certaines périphéries du sud sont moins développées que l'Ouest, ce qui fait que les inégalités régionales sont très importantes.
Ce décalage entraîne les mêmes effets à l'intérieur de l'UE que celui qui existe entre les pays riches et les pays pauvres; les entreprises qui embauchent beaucoup de main d’œuvre ont souvent pour stratégie de se délocaliser vers un pays de l'Est de l'UE.
Les territoires ultramarins contrastent avec leur environnement régional et leur insertion régionale reste limitée. Ils restent fortement dépendants de leurs métropoles et de l'UE à qui ils offrent, par leur caractère souvent insulaire, un large potentiel avec leurs ZEE.